Quels outils pour calculer ses coûts de production?

Avec la période de crise que l’on traverse, les formations pour calculer ses coûts ont le vent en poupe.

Mais pour calculer c’est plus facile avec la calculette!

Qu’est ce que vous utilisez comme outils pour cela? Un logiciel, un service web, un tableur excel, du papier?

C’est bien de connaître son coût de production, mais ça n’aide pas forcément a bien vendre.

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Moi j utilise exel, je me suis fais mon petit tableau qui m aide à appuyer sur le bouton pour vendre quand je suis au dessus de mon coût de production.

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le coût de production n’est pas suffisant en lui même mais c’est bon repère pour savoir si on est plutot dans le vert ou le rouge.
C’est comme si je te disais que le cours d’achat de l’action Total que j’ai dans PEA est inutile à connaître.
Après si les prix sont mauvais et ben ils sont mauvais…

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Je n’aime pas que l’on parle de cout de production il faut parler de seuil de commercialisation et la le salaire de l’agriculteur est pris en compte.

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A mon avis, il faut distinguer le coût de production que je qualifierai de professionnel c’est a dire concernant simplement les charges de l’exploitation. Ce critère permet de se comparer par rapport à d’autres exploitations. Ensuite, chacun a des charges à titre privé tel que prêt immobilier, enfants en études…Ce deuxième critère devient alors un seuil de commercialisation propre à chacun et individualisé. Pour la récolte 2017, 75% de ma récolte prévisionnelle est contractualisée en ayant une approche rendement prudente. D’après les prix fixés, je peut espérer un EBE d’environ 90K€ pour des échéances pro à 24. Mes coûts de production sont couverts et mes prélèvements privés sont assurés donc je me suit couvert. Possible qu’il y aura des opportunités pour faire mieux d’ici la récolte 2017 et après, et si c’est le cas, j’anticiperai alors 2018.

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Bonjour Riquet , tu fais du fondamental et de la technique ou tu vends juste avec les critères de coût de revient?

Je vend avant tout quand les cours me dégagent un revenu même si il est possible de faire plus mais en évitant autant que possible de spéculer sans rien assurer .

Merci pour la réponse.

Mais comment savez-vous que les cours vont vous dégager un revenu avec des cours aussi bas a moins que votre potentiel en blé soit de dix tonnes et quarante cinq quintaux en colza.

@eric on nepeux pas gagner de l’argent si on vend en dessous de ses couts cela va de soi.
Mais je vois aussi bcp d’agri qui se voile la face et ne préfère pas calculer… Ce n’est pas le meilleur comportement pour anticiper et trouver des solutions

@riquet, je te te nomme « grand sage vendresonble »! :+1:

@riquet oui exactement. les couts seuls ne suffisent pas, il faut définir d’autres repères au dessus et en dessous…

Je ne produit pas 10T/ha, loin de là. Mon potentiel est plutôt voisin de 7 et 3 en colza. L’historique de mon exploitation repose sur l’obligation de réduction drastique des charges entamée au début des années 2000 suite à la vente successive de différents propriétaires + rachat de compte courant associé suite dissolution GAEC + prêts matériel “classiques”. J’avais donc des prêts fonciers sur 50% de la sau avec du blé à 100€. Le CA était de 150K€ dégageant 60K€ d’EBE pour 60K€ de remboursement. Après, il faut vivre…
Lorsque 2007 est arrivée, je n’ai pas changé mon système. Là encore petite précision, je suit en réduction d’intrants, ferme de référence Déphy. Mes charges opérationnelles sont de 300€/ha alors que des voisins sont plus proches des 600. A ce jour les prêts fonciers sont remboursés mais les études des enfants ont pris le relais, je n’ai jamais investi pour raisons fiscal, contrairement à d’autres ce qui m’amène aujourd’hui à avoir un coût de production faible, 100€T en tendance (pas cette année!). Comme énoncé dans une autre rubrique de ce forum, j’essaie de sortir autant que possible des marchés de masse. Pour 2017, 30 ha sur 53 sont en contrat spécifique blé de force pour un meunier (en direct), orge d’hiver en contrat de multiplication (prix 2016 165€/T), orge de printemps en contrat à 180€, colza vendu à 390/Août. Mon hypothèse de rendement est de 65 en blé, 75 en orge d’hiver, 55 en orge de printemps, 32 en colza. Pour les pois, je part sur une prime de +60/matif blé. Avec ces différents critères qui ne sont pas figés à 100%, mon CA 2017 avec les DPB pourrait avoisiner 200K€ pour 110 de charges.
Tout ceci n’est que prévision, mais gérer, c’est prévoir.
Bon réveillon, à l’année prochaine.

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Bonsoir Riquet, pourrais tu nous développer sur tes charges opé car moi aussi je suis plus comme tes voisins. je viens de me renseigner pour acheter les phytos avec un groupement d’achat, donc environ 20/25% de moins déjà, mais je n’arrive pas à 300.

félicitations pour cette gestion en bon père de famille

Avec le PK comptez sur 350€ de charges opérationnelles en moyenne toutes cultures confondues. Depuis 10 ans que je suis en groupement d’achat, les différences de tarifs peuvent aller de 15 à +30% selon les produits par rapport au circuit classique. Pour exemple, lorsque des données technico-économiques sont fournis par la Chambre, les tarifs sont repris sur des abonnés Mes P@rcelles et donc reflètent la réalité de ce qui se passe sur des exploitations. Je suis effaré des différences. Certains OS se gavent comme pour acheter la récolte.
-Blé: choisir des variétés résistantes aux maladies et verse voir travailler en mélange (40€/ha en semences fermières traitement T2) en décalant la date de semis qui permet de limiter le salissement et la pression maladie précoce,fongicide 2 traitements (1 voir 3 exceptionnellement ) avec des produits bon marché (0.5 horizon+0.75chlorotalonil en T1 pour 13€) suivi d’une SDHI pour 20€. Quasiment pas de régulateur, un peu d’adjuvant et une 15e d’€ d’anti-limace. Le poste herbicide est le +important (100€). Fumure azotée d’environ 150 à 180 unités maxi.
-Colza semences fermières pour deux raisons 1)coût imbattable, 2) dans mes sols argileux et/ou caillouteux je ne me voit pas semer 4 à 5 kg d’hybride pour des levées alléatoires. Quid de l’avenir du colza sur mon exploitation vu qu’il n’y a quasiment plus d’inscription de lignées. 0.6 de propulse pour 25€, pas de régulateurs, 1 voir 2 insecticides et encore une 100e d’€ de désherbage. Cette année, j’ai innové en traitant en post levée précoce avec 0.5 d’Alabama+adjuvant, résultat acceptable. Le meilleur désherbage est de pouvoir semer tôt et avoir une bonne couverture. De l’anti-limace et PK pour 400€.
Je ne cherche pas à avoir les plus beaux champs de la campagne mais mon raisonnement repose sur une gestion en tendance et de manière pluriannuelle. Je pourrait certainement faire mieux les années ou les prix explosent et encore? D’après le regroupement du CER, j’ai souvent autant voir + d’EBE avec un CA inférieur de plusieurs centaines d’€. Mais lorsque les cours sont bas ou pépins climatiques, voir les deux comme cette année, mon système est plus robuste économiquement.
Il m’a été demandé d’intervenir lors d’une cession de Chambre d’Agriculture il y a deux sur la gestion du risque. Un intervenant de Groupama ventait les mérites de l’assurance récolte et ma partie était orientée sur la gestion du risque lié aux variations des cours et l’utilisation des marchés à terme. J’ai repris ce que je vous ait décrit plus haut en terminant par la conclusion suivante:
Il y a trois moyen d’augmenter la rentabilité dans une entreprise
-soit on augmente la production. Concrètement en agriculture, il faut bouffer son voisin.
-soit on augmente son prix de vente. En agriculture, le prix est ce qu’il est à un moment donné, on prend ou pas
-et donc la dernière voie que vous avez certainement compris, la baisse du coût de production qui permet de s’affranchir des années comme celle que nous vivons car n’oublions pas qu’il n’y a pas qu’en France que l’on produit du blé.

Sur ce, bon réveillon.
Au menu ce soir foie gras + Tariquet (vin Gascon que je vous recommande), gigue de chevreuil arrosé d’un haut médoc 1983 (pas sûr que ce soit un bon millésime mais mis à décanter il a pas l’air mal) bûche glacée provenant du réseau glace de ferme (j’espère que vous connaissez ce réseau) avec des bulles.
Au plaisir d’échanger avec vous (pas mon repas!) et à l’année prochaine.

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Je suis fier de lire ce commentaire et pensée que je ne suis pas seul dans cette démarche avec des variétés résistantes aux maladies et des semences de fermes et groupement d’achat mais chez nous en champagne la course aux rendements avec des 270 unités d’azote sont courant.J’etais le seul dans mon village à ne pas semer de trapez variété de blé très sensible à la maladie avec jusque cinq fongi il y a deux ans mais cette année les rendements ont été catastrophique .Il ya du boulot et dire que se sont des jeunes qui ont fait de grandes études mais cette année le mur est proche de mauvaises ventes et des charges importante les font trembler.

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Pour certains c’est encore le score à la moisson qui compte. Afficher un rendement sans calculer la marge et en prenant des risques.
Pour les choix variétaux, il y a le même problème dans les démarches commerciales dans ma région. Préconisation de variétés sensibles avec le package fongicide. Plus concrètement, en orge de printemps, les deux coopératives que j’ai à proximité reste sur la Sébastian. Un négoce propose de la Planet qui est + résistante aux maladies et qui de plus a d’après les essais d’Arvalis sur 3 ans 15% de potentiel de rendement en plus. D’un ordre plus général, je ne fait pas le procès des coop/aux négoces mais le maintien d’un tissu concurenciel est notre meilleur atout.

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Tout a fait d’accord avec toi mais je pense que coop ou négoce ils ont tout intérêt a nous vendre des variétés sensible l’année dernière moitié planet moitie irina quatre vinqt dix de brasserie en planet et soixante dix en irina et cinq quintaux de plus en planet.Cette année tout planet avec un fongi derniere feuille cela se passe très bien.

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